Exigeons l'arrêt immédiat de la procédure d'expulsion à l’encontre de Ramy Shaath

M. Emmanuel Macron

Ramy Shaath, a Palestinian-Egyptian political figure and former prisoner of conscience, is facing an attempt to silence him and deport him from France. This case reflects a growing pattern of repression against Palestinian voices and their supporters in the country. France must stop all proceedings against him, end the criminalization of the Palestinian voice and the Palestine solidarity movement, and above all its complicity in the ongoing genocide of the Palestinian people.

Parrainé par
02df2123-7015-4976-b438-43a87bd25019
Grass Valley, CA

En faveur de: M. Emmanuel Macron
De: [Votre nom]

Il y a quatre ans, Emmanuel Macron saluait publiquement la libération de Ramy Shaath des prisons égyptiennes. Il déclarait partager « le soulagement de son épouse Céline Lebrun » et remerciait « tous ceux qui ont joué un rôle positif dans cet heureux dénouement ». La France se posait alors en défenseure des droits humains, offrant protection à un prisonnier d'opinion détenu arbitrairement.

Aujourd'hui, ce sont ces mêmes autorités, ce même pays dirigé par ce même président qui cherchent à l'expulser.

Qui est Ramy Shaath ?

Ramy Shaath est une figure politique palestinienne-égyptienne, défenseur des droits humains reconnu en Palestine et dans une large partie du monde arabe. Ancien conseiller de Yasser Arafat, et fils de Nabil Shaath, ancien ministre palestinien, il a joué un rôle actif dans les négociations pour l'établissement d'un État palestinien indépendant dans les années 1990.

Installé en Égypte, il s'engage dans les mobilisations pour la démocratie et la justice sociale qui conduisent au renversement du dictateur Hosni Moubarak en 2011.

Dans les années qui suivent, il participe à la création de plusieurs partis et coalitions engagés dans la transition démocratique égyptienne. En 2015, il cofonde le mouvement BDS en Égypte, une coalition nationale regroupant partis politiques, syndicats, ONG et personnalités publiques pour la défense des droits palestiniens.

En juillet 2019, il est arrêté arbitrairement à son domicile du Caire. Son épouse Céline Lebrun, citoyenne française, est expulsée de force d'Égypte. Ramy Shaath est détenu pendant deux ans et demi sans jugement, sans procès, sans inculpation formelle. Sa détention suscite une condamnation internationale large. En janvier 2022, après une intense campagne de mobilisation, il est libéré au prix de l’abandon de sa nationalité égyptienne et transféré en France, où il retrouve enfin son épouse.

Un retournement politique indigne

La France qui l'avait accueilli veut aujourd'hui l'expulser au prétexte d'une « menace grave à l'ordre public ».

Ce motif n’est qu’un prétexte. Nous le savons. Ramy Shaath n'a jamais fait qu'exercer son droit à la parole, à la pensée, à l'engagement politique pour défendre les droits de son peuple.

Ce qui a changé, ce n'est pas qui il est.

Avec le début du génocide à Gaza, la répression contre celles et ceux qui expriment leur solidarité avec la Palestine ne semble plus connaître de limite dans notre pays.

Des individus sont poursuivis, des associations dissoutes, des manifestations scrutées quand elles ne sont pas interdites. Les voix palestiniennes et pro-palestiniennes sont systématiquement visées. Ramy Shaath en a déjà fait les frais à l’occasion d’une plainte pour apologie du terrorisme déposée contre lui, avant d’être classée sans suite il y a quelques mois.

Expulser Ramy Shaath, c'est cautionner l'idée qu'un engagement pour les droits du peuple palestinien peut constituer une « menace à l'ordre public ». C'est valider la criminalisation d'une opinion.

Plus concrètement, expulser Ramy Shaath, c’est renvoyer un militant connu vers une région en guerre, sans État souverain, sans garanties de sécurité, en proie à la violence d’une armée d'occupation génocidaire que rien ne semble pouvoir arrêter. Et si cette expulsion devait échouer, un autre scénario tout aussi alarmant se dessine : celui d’un maintien sur le territoire sous des formes de contrôle et de contrainte, avec une multiplication possible de mesures restrictives, d’assignations à résidence et de dispositifs de surveillance visant à restreindre sa liberté de mouvement et d’expression. C’est aussi cela que dit notre campagne #FreeRamyShaath2 : refuser à la fois l’expulsion et l’enfermement administratif progressif d’une voix politique.

Nous exigeons des autorités françaises :

- L'arrêt immédiat de toute procédure d'expulsion contre Ramy Shaath
- La délivrance immédiate du titre de séjour auquel il a droit en tant qu’époux et père de citoyennes françaises
- La fin de la répression contre les voix palestiniennes et leurs soutiens
- La fin de la complicité de la France dans le génocide en cours

Nous appelons les élu·es, les organisations de la société civile, les syndicats, les associations et toutes les personnes attachées aux libertés fondamentales, qui voient et redoutent le virage autoritaire que prend notre pays, à se joindre à nous.

Leurs procédures injustes n’entameront en rien notre volonté inextinguible de crier notre attachement au principe de liberté d’opinion et notre soutien à la Palestine et aux voix palestiniennes.

#FreeRamyShaath2
#FreePalestine